Atelier sur la prise en charge des 0-infections par le VIH

ATELIER sur la prise en charge des co-infections par le VIH et les virus des hépatites chroniques B et C

Cotonou, Bénin, les 03-04-05 Octobre 2013 
organisé par

Le Réseau Africain de Praticiens Assurant la Prise en Charge des
Personnes vivant avec le VIH/SIDA (RESAPSI)
Et l’Institut de Médecine et d’Epidémiologie Appliquée (IMEA)

En collaboration avec

L’Organisation Mondiale de la Santé
L’Organisation Ouest Africaine de la Santé

 

CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L’ATELIER

En Afrique Subsaharienne, les épidémies d’infection à VIH et hépatite B chronique (VHB) se chevauchent, du fait de modes de transmission proches et de la forte endémicité naturelle du VHB. En Afrique de l’Ouest, les prévalences de ces infections varient de 1 à 10% pour le VIH et de 8 à 12% pour le VHB. On dénombre ainsi 150 millions de porteurs chroniques du VHB pour 12 millions de PVVIH dans tout le continent Africain. L’acquisition de l’hépatite B survient majoritairement lors de la période périnatale et dans la petite enfance, ce qui explique l’évolution de cette infection vers la chronicité dans 95% des cas. Les deux infections ont un impact négatif l’une sur l’autre, plus marqué avec le VHB en raison du risque de cirrhose et de carcinome hépato-cellulaire, dont l’incidence est plus élevée chez les patients co-infectés que dans la population générale. A cela s’ajoutent les implications thérapeutiques, avec une incidence plus importante des épisodes d’hépatotoxicité chez les patients co-infectés recevant des antirétroviraux et/ou des antituberculeux.
Les directives 2010 de l’OMS préconisent la recherche systématique de l’antigène HBs chez les patients infectés par le VIH lors du bilan initial de prise en charge, en particulier dans les pays à haute endémicité d’infection par le VHB. La majorité des programmes de lutte contre le VIH en Afrique subsaharienne ont d’ailleurs inclus cette recherche dans le bilan initial des patients infectés par le VIH. Pourtant, à ce jour, cet examen n’est pas toujours réalisé en routine.
Sur le plan thérapeutique, l’OMS recommande de débuter un traitement antirétroviral contenant une bithérapie d’inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) associant le ténofovir (TDF) et soit la lamivudine (3TC) soit l’emtricitabine (FTC) chez tout patient co-infecté VIH/VHB, associée à un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (NNTI) ou une antiprotéase (IP) boostée par le ritonavir, quelle que soit la valeur des lymphocytes CD4. Une fois introduit, le traitement par ténofovir (et 3TC ou FTC) ne doit jamais être interrompu, même en cas de passage à une seconde ligne d’ARV. Cette directive pose la question du traitement de l’infection à VHB chez des patients non éligibles pour l’infection à VIH et ayant peu de risques de progression rapide (CD4 > 500/mL). Cela revient à considérer, en l’absence de charge virale VHB en routine, les critères d’éligibilité du traitement anti-VHB dans le contexte de l’Afrique Sub-Saharienne.

Par ailleurs, alors que jusqu’à présent l’hépatite C chronique, autre cause importante de maladie terminale du foie par cirrhose ou carcinome hépatocellulaire sur le plan mondial, n’était pas considérée comme un problème de santé publique en Afrique, plusieurs études récentes ont montré que cette pathologie touche un nombre de plus en plus important de personnes en Afrique Sub-saharienne, en particulier à cause de l’extension de la toxicomanie dans les grandes métropoles. A ce jour, l’accès au traitement anti-hépatite C est illusoire, en l’absence de génériques disponibles, mais aussi parce-que le dépistage et l’évaluation de l’atteinte hépatique reste souvent hors de portée des patients et des praticiens. Les recommandations sur la prise en charge de l’infection à VHC dans les pays à revenus limités et intermédiaires sont en cours de rédaction par l’OMS.

 

 

OBJECTIFS DE L’ATELIER

Objectif principal

  • Etablir des recommandations consensuelles de diagnostic, de prise en charge thérapeutique et de prévention des hépatites chroniques chez le patient infecté par le VIH dans le contexte des pays à revenus intermédiaires et limités.

Objectifs spécifiques

  • Faire l’état des lieux des co-infections VIH-VHB et VIH-VHC en Afrique Sub-Saharienne ;
  • Décrire les outils du diagnostic et du suivi des hépatites virales B et C nécessaires à la prise en charge des patients co-infectés.
  • Faire une analyse des protocoles thérapeutiques et prophylactiques disponibles dans les pays Africains en cas de co-infection VHB et VHC.
  • Analyser les recommandations OMS de prise en charge des co-infections.

RESULTATS ATTENDUS

  • A l’issue de l’atelier :
    • les schémas thérapeutiques et prophylactiques des infections par les virus des hépatites chroniques B et C chez le patient co-infecté par le VIH et vivant dans les pays à revenus intermédiaires et limités sont revus.
    • Les outils du diagnostic et du suivi de ces patients sont adaptés au contexte géographique.
    • Les recommandations de l’OMS sont analysées et adoptées.
    • Les perspectives de mise en Å“uvre de ces recommandations sont déterminées.
    • Le rapport de synthèse des travaux de l’atelier est rédigé et diffusé.

 

METHODOLOGIE ET DEROULEMENT PRATIQUE DE L’ATELIER

L’atelier se déroulera sur trois jours du 03/10/2013 au 05/10/2013. 
Il va consister en des présentations plénières et des travaux de groupes dirigés par des facilitateurs.
Les exposés de clarification aborderont des thèmes dont la pertinence aidera à l’orientation des travaux de groupe.

Seront conviés à cet atelier des experts africains et européens, ayant des activités de recherche, de prise en charge clinique et de diagnostic biologique de l’infection à VIH, et des hépatites virales B et C.

Les responsables pays des programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA  et de lutte contre les hépatites virales seront aussi conviés.

Les participants seront répartis en sous-groupes en fonction de leur domaine d’intérêt et de leur pratique quotidienne dans la gestion des données épidémiologiques, cliniques et biologiques de l’infection à VIH et des hépatites virales B et C

Des documents afférents aux différents sujets seront mis à la disposition des participants.

Un pool technique de trois personnes sera chargé des activités de soutien, à savoir : 
- le secrétariat par une secrétaire bilingue (français-anglais), chargée des courriers, de la reproduction des documents de travail, de la rédaction des rapports de l’atelier…;
- un chauffeur qui se chargera du transport du matériel;
- un coursier pour la mise en place du matériel dans les salles de l’atelier;

EXPOSES DE CLARIFICATION

  • Epidémiologie de l’infection à VHB et de la co-infection VIH-VHB en Afrique Sub-Saharienne
  • Epidémiologie de l’infection à VHC et de la co-infection VIH-VHC en Afrique Sub-Saharienne
  • Toxicomanie et risque d’hépatites virales en Afrique Sub-Saharienne : la face cachée de l’Iceberg
  • Recommandations 2013 de l’OMS sur le diagnostic et la prise en charge des hépatites virales au cours de l’infection par le VIH
  • Outils virologiques de diagnostic et de suivi des infections virales B et C Enjeux médico-économiques du dépistage VHB-VHC et de la vaccination antiVHB chez l’adolescent et l’adulte infecté par le VIH
  • Stratégies d’évaluation de l’atteinte hépatique au cours des hépatites virales chroniques dans les pays développés
  • Stratégies de prise en charge des co-infections B et C dans les pays du Nord en 2012
  • Problématique de la prise en charge des co-infections B et C en Afrique Sub-saharienne
  • Enjeux de la prophylaxie de la transmission mère-enfant du VHB chez les patientes co-infectées VIH-VHB.
  • Problématique de la prévention et de la prise en charge du VHB chez les enfants infectés par le VIH

LANGUES

Le français et l’anglais en traduction simultanée, sont les deux langues officielles de l’atelier. 

PARTENAIRES

Le RESAPSI est l’organisateur de cet atelier.
Leurs partenaires pour le soutien financier et logistique et le programme scientifique sont :
- l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
- l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS)
- L’ONUSIDA
- L’UNICEF
- l’ANRS
- Esther
- Sidaction

Un comité local d’organisation sera mis en place sous l’égide du ministre de la Santé. Ce comité regroupera toutes les entités qui permettront une bonne organisation

  • Ministère de la santé
  • CNLS
  • Faculté des sciences de la Santé

FINANCEMENTS

L’atelier sera co-financé par les différents partenaires sus-cités. Les laboratoires pharmaceutiques seront aussi sollicités pour le financement de la réunion.